- Thonon les bains
L’investissement immobilier ancien reste une stratégie très répandue parmi les investisseurs patrimoniaux, notamment en raison de sa flexibilité, de sa profondeur d’offre et de sa capacité à générer des rendements locatifs intéressants. Cependant, investir dans l’ancien n’est pas sans contraintes : il exige une analyse rigoureuse de coûts, de travaux potentiels, de risques réglementaires (notamment énergétique) et d’impacts fiscaux. Cet article se propose d’examiner en profondeur les avantages et les inconvénients à investir dans l’ancien, en s’appuyant sur des données récentes et des éléments de marché pertinents pour une prise de décision éclairée.
Dans le langage courant, on considère comme ancien tout bien immobilier ayant déjà été vendu ou habité par au moins un propriétaire, quelle que soit son année de construction. Cela inclut à la fois des logements récents (moins de dix ans mais déjà revendus) et des immeubles plus datés, souvent caractérisés par des volumes généreux, des styles architecturaux distinctifs ou des situations en cœur de ville.
Sur le plan strictement juridique, la notion d’ancien ne répond pas à une norme de construction particulière, mais un bien ancien a généralement été bâti avant le respect des normes récentes du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ou de la réglementation thermique actuelle.
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L’un des avantages les plus souvent cités de l’immobilier ancien est le prix d’achat inférieur à celui du neuf. Sur une base comparable de surface, un bien ancien peut coûter 15 à 20 % de moins qu’un logement neuf, ce qui diminue le ticket d’entrée et améliore mécaniquement la rentabilité brute de l’investissement.
Cette décote peut être un levier décisif pour un investisseur souhaitant optimiser le rendement locatif. En effet, des loyers proches des standards du marché, associés à un prix d’acquisition inférieur, conduisent à des taux de rendement brut (TRB) souvent supérieurs à ceux du neuf.
Le parc immobilier ancien représente la majorité du marché résidentiel français. Il offre ainsi une grande diversité de typologies :
appartements classiques en centre-ville,
immeubles bourgeois avec cachet (parquets, moulures, volumes),
maisons anciennes avec jardin,
biens atypiques valorisables (terrasses, combles aménagés, etc.).
Cette abondance de l’offre permet à un investisseur de choisir finement selon l’emplacement, le profil locatif visé et la stratégie patrimoniale.
L’immobilier ancien se prête particulièrement bien à la création de valeur par travaux. Une rénovation bien conduite peut engendrer :
une revalorisation du bien sur le marché,
la possibilité de demander des loyers plus élevés,
une meilleure attractivité locative, réduisant la vacance.
Cette logique de “création de valeur” est un moteur classique des stratégies patrimoniales, notamment lorsqu’elle s’inscrit dans une perspective de plus-value à la revente.
Les biens anciens sont fréquemment situés au cœur des villes, à proximité des transports, des commerces, des universités et des zones d’emploi. Cette localisation tend à renforcer la demande locative, qu’elle soit destinée à une clientèle étudiante, active ou familiale.
La qualité de ces emplacements peut également soutenir la valorisation des biens à long terme, même dans des cycles de marché plus difficiles.
COMMENT RÉDUIRE SON IMPOSITION ?

L’un des principaux défis de l’investissement dans l’ancien demeure la nécessité de travaux, parfois lourds. Un bien ancien peut nécessiter :
une remise à niveau énergétique,
une rénovation de plomberie ou d’électricité,
la mise en conformité des installations,
des travaux esthétiques pour attirer les locataires.
Ces travaux peuvent représenter une charge financière significative, voire alourdir le financement initial si cela n’est pas anticipé correctement. Les coûts de rénovation ont d’ailleurs tendance à être tendance haussière depuis plusieurs années en raison de l’inflation des matériaux et de la demande sur le secteur du BTP.
Un investisseur devrait donc intégrer rigoureusement ces coûts dans ses calculs de rentabilité, plutôt que de raisonner uniquement sur le prix d’achat affiché.
L’achat dans l’ancien génère généralement des frais de notaire plus importants qu’un achat en logement neuf, souvent entre 7 % et 8 % du prix d’achat, contre environ 2 % à 3 % dans le neuf.
Ces coûts, bien que supportés une seule fois, réduisent le montant effectivement investi dans le bien et doivent être pris en compte dans le calcul financier global.
Un bien ancien présente parfois des risques techniques invisibles à l’œil nu au moment de l’achat. Des vices structurels, des infiltrations, des problèmes de fondations ou d’humidité peuvent être découverts après l’acquisition, et entraîner des coûts supplémentaires importants.
Bien que l’expertise technique préalable et les diagnostics (amiante, plomb, termites, etc.) puissent réduire ces risques, ils ne les éliminent pas totalement. Une diligence raisonnable renforcée est donc indispensable.
L’immobilier ancien est plus susceptible d’être classé dans des catégories énergétiques faibles (F ou G) au DPE. Or, depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location en France, et la réglementation évolue désormais vers l’exigence progressive de meilleures performances.
Un investisseur doit donc anticiper les travaux de mise à niveau énergétique, qui peuvent être coûteux (isolation, chauffage, ventilation). Cela a un impact direct sur la compétitivité locative du bien et, par conséquent, sur la rentabilité nette du projet.
Les biens anciens rénovés peuvent parfois générer une gestion locative plus chronophage si les travaux ne sont pas réalisés dans les règles de l’art ou si des défauts subsistent. Les interventions fréquentes, les contentieux ou les frais non anticipés peuvent peser sur la marge nette de l’investisseur. Dans ce contexte, une sélection soignée des artisans et une planification rigoureuse des travaux avant mise en location constituent des prérequis essentiels.

Un argument économique régulièrement avancé est que l’ancien permet d’obtenir un rendement locatif brut plus élevé que le neuf. Plusieurs sources spécialisées suggèrent que les biens anciens, compte tenu de leur prix d’achat plus bas et de loyers qui ne sont pas significativement différents de ceux du neuf, peuvent offrir des rendements souvent situés grossièrement entre 5 % et 8 %, contre plutôt 3 % à 4 % dans le neuf.
Cela ne constitue pas une règle automatique, car le rendement dépend évidemment :
de l’emplacement,
de la qualité du bien,
des travaux réalisés,
et de la stratégie fiscale mise en place.
Mais à conditions égales, un investisseur devrait s’attendre à une rentabilité locative potentiellement plus attractive dans l’ancien.
Pour tirer parti des avantages de l’immobilier ancien tout en limitant les risques, plusieurs stratégies peuvent être envisagées :
Faire réaliser une expertise technique complète par un professionnel (au-delà des diagnostics standard) peut aider à détecter les défauts cachés et à budgéter correctement les travaux.
L’anticipation des coûts liés aux travaux d’isolation ou de modernisation énergétique doit être intégrée dans le plan d’affaire de l’investissement, voire financée en amont via un crédit travaux ou un apport adapté.
Optimiser le financement (taux négociés, assurance délégable, garantie adaptée) permet de mieux contrôler le coût global d’acquisition et donc d’améliorer le rendement net du bien.
Certains dispositifs fiscaux (déficit foncier sur travaux, LMNP si le bien est meublé, entrée en dispositif spécifique) peuvent améliorer l’efficacité fiscale de l’investissement, ce qui renforce la rentabilité nette à long terme.
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Investir dans l’ancien présente une combinaison d’atouts forts pour un investisseur :
prix d’achat attractif,
potentiel de rentabilité élevée,
offre abondante et diversité de biens,
localisation souvent privilégiée.
Cependant, il comporte aussi des défis non négligeables, notamment liés aux rénovations, aux coûts annexes, à la performance énergétique, et à la gestion des risques techniques.
Dans une stratégie patrimoniale globale, investir dans l’ancien mérite particulièrement d’être envisagé si l’investisseur dispose d’une vision long terme, d’une rigueur d’analyse technique et financière, et d’un plan de gestion des travaux et des risques. Bien réalisé, ce type d’investissement peut générer des revenus locatifs attractifs et une valorisation du capital significative à long terme, tout en s’appuyant sur un marché immobilier français historiquement stable et transparent.